Baptiste Leroy : « Une nouvelle occasion de montrer notre force collective »

À quelques heures du début de la Champions League, Baptiste Leroy, entraîneur du PSG Judo, revient sur les enjeux de cette nouvelle édition.

Cette édition de la Champions League se déroule dans un contexte particulier, deux semaines après les championnats du monde. Comment l’abordes-tu ?

Le contexte est effectivement différent. Plusieurs de nos athlètes, comme Romane Dicko, Dayyan Boulemtafes, Zelim Tckaev ou encore Ushangi Kokauri ont beaucoup combattu aux championnats du monde. Après une telle échéance, il y a forcément une période de décompression à prendre en compte, notamment pour ceux qui ont décroché une médaille.

Nous avons également dû composer avec plusieurs forfaits, principalement liés à des blessures. Nous n’aurons donc pas forcément notre équipe type et il faudra être très tactiques dans nos choix, notamment avec les renforts étrangers, puisque nous ne pouvons en aligner que deux par rencontre.

D’autant que le niveau s’annonce très serré. Avec six clubs français engagés cette année, contre deux lors de la précédente édition, et des équipes qui se sont également renforcées, la concurrence sera particulièrement relevée. C'est une nouvelle belle occasion de montrer notre force collective.

Quel regard portes-tu sur le groupe retenu pour cette édition ?

Nous avons deux profils complémentaires. D’un côté, des athlètes français et étrangers très expérimentés, avec plusieurs médaillés mondiaux. De l’autre, nos jeunes du club, qui représentent l’avenir du PSG Judo.

Nous avons beaucoup renforcé cette nouvelle génération ces deux dernières années, d’abord chez les garçons, puis chez les filles cet été. L’objectif est qu’ils deviennent progressivement les titulaires de demain.

Dayyan Boulemtafes en est un très bon exemple. Il y a deux ans, il arrivait à l’INSEP en tant que junior et participait aux compétitions par équipes de sa catégorie. Aujourd’hui, il est médaillé mondial chez les seniors. Nous espérons voir d’autres jeunes, comme Clarisse Carillon, Chloé Jean ou Kévin Nuz Diasivi, suivre cette trajectoire.

Pourquoi avoir fait le choix de retenir un groupe aussi large, avec une place importante accordée aux jeunes ?

D’abord parce que la compétition se déroule à Paris et que nous voulions réunir tout le groupe autour de cet événement. Cela nous permet aussi d’anticiper différents scénarios, notamment les imprévus de dernière minute.

Pour les jeunes, c’est une expérience essentielle. Ils ont déjà l’habitude des grandes compétitions internationales chez les cadets et les juniors, mais le niveau senior est complètement différent. Côtoyer des médaillés mondiaux et olympiques, s’entraîner avec eux et vivre ces rendez-vous à leurs côtés permet de franchir des étapes.

Il faut aussi qu’ils apprennent à aller chercher leur place. Être dans le groupe ne signifie pas être arrivé. Cette concurrence fait partie de leur progression.

Plusieurs judokas étrangers viennent renforcer l’équipe. Comment as-tu construit ces choix ?

Nous essayons de privilégier une certaine continuité. Zelim Tckaev, par exemple, était déjà venu pour les championnats de France et cela s’était très bien passé. Au-delà du niveau sportif, nous recherchons des athlètes qui adhèrent aux valeurs du club et qui ont envie de s’investir pour le collectif.

C’est aussi le cas de Theodoros Tselidis, avec qui je suis en contact depuis deux ans. Il devait déjà nous rejoindre à plusieurs reprises, mais avait des empêchements. Malgré cela, il avait continué à nous aider en nous recommandant d’autres judokas. Il avait vraiment envie de vivre cette aventure avec nous.

Nous avons ensuite ajusté certains choix en fonction des forfaits de dernière minute.

Comment avez-vous préparé cette Champions League pour arriver dans les meilleures conditions ?

Nous avons cherché à ne pas surcharger les athlètes, notamment ceux qui reviennent des championnats du monde nous leur avons proposer un programme adapté.

Pour les autres, l’idée était de monter progressivement en puissance pour arriver prêts le jour de la compétition. Nous avons privilégié des entraînements collectifs au club, au Plessis-Robinson, jusqu’à mercredi, afin de garder la maîtrise des séances, de privilégier la qualité du travail et de limiter les risques de blessure.

Nous avons également organisé une activité de cohésion mercredi matin pour renforcer les liens au sein du groupe. Enfin, nous avons consacré les deux derniers jours à des entraînements au Dojo de Paris, tout en partageant des moments ensemble en dehors des tatamis. Nous sommes maintenant prêts pour la compétition.

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